25 Sep Interview de S.E.M. Alexey Meshkov, Ambassadeur de Russie en France
Point forts de l’interview de S.E.M. Alexey Meshkov, Ambassadeur de Russie en France, accordée à RTL (25 septembre 2025)
Les contacts Moscou-Washington ne sont pas coupés. La proposition du Président russe Vladimir Poutine de prolonger le traité New START d’un an est une occasion de dialoguer sur la stabilité stratégique.
#Ukraine
• La Russie se prononce pour une paix durable, et non pour une simple trêve comme en 2015. […] Nous avons alors été dupés par nos collègues français et allemands parce que, comme il s’est avéré par la suite, ils n’avaient aucune volonté de mettre en œuvre les accords de Minsk.
• En avril 2022, un accord était possible avec l’Ukraine, mais l’Occident l’a sapé. L’ancien Premier ministre britannique est venu à Kiev et littéralement interdit aux Ukrainiens de signer cet accord.
• La question n’est pas territoriale : la Russie défend les gens qui habitent les 4 régions qui, après le référendum et conformément à la Constitution, font désormais partie de la Fédération de Russie. Depuis 2014, le régime de Kiev a systématiquement exterminé ces personnes. La Russie est le plus grand pays au monde en termes de superficie, donc les territoires ne nous manquent pas.
• Vladimir Zelensky n’est plus président légitime, mais nous ne refusons pas le dialogue avec lui. La question est de savoir quelle personne habilitée sera en mesure de signer, le moment venu, l’accord de paix au nom de l’Ukraine.
#Négociations
• Les contacts Moscou-Washington ne sont pas coupés. La proposition du Président russe Vladimir Poutine de prolonger le traité New START d’un an est une occasion de dialoguer sur la stabilité stratégique.
• Le Président Poutine a dit très clairement qu’il était prêt à parler tant au niveau bilatéral avec les Américains, qu’au format tripartite avec la participation de Zelensky […] Mais là encore, il ne s’agit pas d’un cessez-le-feu. On parle d’une paix pérenne, d’un règlement durable.
#France
• Le Président Poutine a dit récemment que nous n’avons pas d’États inamicaux. Nous avons des gouvernements inamicaux. Et aujourd’hui, malheureusement, le gouvernement français mène une ligne inamicale à l’égard de la Russie. Cependant, cela n’exclut pas le dialogue entre nos pays.
• Sur les soi-disant ingérences russes en France : ces accusations infondées contre la Russie sont gratuites. On nous rend responsables de tout, et c’est devenu une tendance très à la mode en Occident.
Point forts de l’interview de S.E.M. Alexey Meshkov, Ambassadeur de Russie en France, accordée à RTL (25 septembre 2025) (2e partie) :
#OTAN
• Sur l’incident avec des drones en Pologne : Personne ne nous a fourni de preuve matérielle. Néanmoins, la Russie a été immédiatement accusée. Combien de temps s’est écoulé depuis l’explosion des « Nord Stream » ? Et jusqu’à présent, aucune information fiable sur ce qui s’est réellement passé n’a été fournie.
• Il y a encore 15 ans, nous avions des mécanismes permettant de maintenir la communication avec l’Otan. Aujourd’hui, ils sont refusés, malgré les appels russes à la déconfliction et à la réduction des tensions. Toute l’escalade vient de l’Otan.
• Si on abattait un de vos avions, quelle serait la réaction de la Russie ? – Ce serait la guerre. Il ne faut pas en arriver là. Il existe toute une procédure pour prévenir de tels incidents. D’ailleurs, les avions de l’OTAN ont envahi notre espace aérien à plusieurs reprises. Ils n’ont pas été abattus, mais « repoussés » vers l’espace neutre.
• Si l’on regarde les 20 dernières années, ce n’était pas la Russie qui s’approchait des frontières de l’Otan. On nous accuse de créer des problèmes, alors que c’est l’Otan qui s’est rapprochée de nous en intégrant la Pologne, la Finlande et les pays baltes, qui conservaient auparavant un statut non aligné.
#Sanctions
• Sur le 19e paquet de sanctions anti-russes : Il y a plus de 28 000 différentes sanctions imposées contre la Russie. Une sanction de plus, une sanction de moins, ça ne va pas changer la donne. Malgré tout, la Russie continue de se développer économiquement.
• Rien ne nous attriste depuis très longtemps. La Russie reste ferme sur sa ligne, quelles que soient les déclarations extérieures.
• La Russie a trouvé de nouveaux marchés pour le pétrole et le gaz. La première victime des sanctions reste l’Europe. Étant ici, en France, j’en ai personnellement fait l’expérience : ces derniers temps, les prix du gaz pour l’Ambassade ont plus que doublé.
• Les sanctions créent certaines difficultés qui peuvent être réglées.